L'intelligence artificielle redistribue les cartes.
Et la Sarthe a son rôle à jouer.

Le 19 mai 2026, la Journée de l’innovation de Le Mans Innovation réunissait chercheurs, entrepreneurs, élus et industriels autour d’un sujet incontournable : l’intelligence artificielle. Pas comme un sujet tech de plus, mais comme un enjeu de souveraineté, de compétitivité, et de choix collectifs. Retour sur une journée qui a posé les bonnes questions.

De la recherche fondamentale aux agents autonomes

C’est Stéphane Le Foll, Maire du Mans, qui a ouvert le bal avec une mise en contexte politique et stratégique : l’IA redistribue les cartes à l’échelle mondiale. Elle soulève des questions de souveraineté des données, de compétitivité industrielle, mais aussi de consommation énergétique, les data centers pèsent aujourd’hui lourd dans la balance climatique. Pour l’Europe, s’inscrire dans cette trajectoire n’est pas une option.

Flavien Chervet, expert IA, auteur de quatre ouvrages et chroniqueur pour Forbes, a ensuite retracé l’évolution fulgurante de la discipline : des premiers réseaux de neurones aux modèles de fondation actuels, capables de s’adapter à une multitude de cas d’usage sans entraînement spécifique. Un changement de paradigme majeur.

Le concept qui a le plus retenu l’attention : l’IA agentique. Là où l’humain orchestrait jusqu’ici ses interactions avec l’IA, c’est désormais l’agent qui pilote une chaîne de production cognitive, mobilisant des outils, automatisant des tâches, lançant plusieurs processus en parallèle. L’humain reste dans la boucle, mais son rôle évolue profondément.

Créer sans coder et le prouver en direct

La démonstration de Flavien Chervet a été bluffante. En quelques minutes, sans écrire une seule ligne de code, il a créé une application de découverte du street art manceau : carte interactive, infos sur les œuvres, génération d’un parcours de balade. Le tout via du langage naturel, grâce au vibe coding, cette pratique qui permet de décrire ce qu’on veut construire et de laisser l’IA générer le code.

Message fort : les capacités de création numérique ne sont plus réservées aux développeurs. Quelle que soit la formation technique de départ, il est aujourd’hui possible de construire des outils, de prototyper des idées, d’automatiser des processus.

IA performante et IA responsable : les deux ne s'opposent pas

Pierre Cartier, fondateur de Plaïades, startup accompagnée par LMI et ambassadeur “Osez l’IA” en Sarthe, a apporté une perspective complémentaire essentielle : adopter l’IA, oui mais avec discernement. Derrière les gains de productivité, il y a des questions de souveraineté des données, de transparence des algorithmes et de responsabilité des organisations.

Plaïades travaille précisément à sensibiliser les acteurs du territoire à ces bonnes pratiques. La question n’est pas seulement de savoir comment utiliser l’IA. C’est aussi de choisir comment on décide de le faire.

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